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Intelligence Artificielle, droit d’auteur et prompt artiste

Pierre-Emmanuel Wolga – 04 Mars 2024

Une personne vient de voler la voiture de quelqu’un. En suivant les consignes d’un acheteur il la repeint et la personnalise avec tout un tas de pièces également volées à d’autres voitures. Puis il vend cette voiture à l’acheteur en lui disant que ce véhicule est donc maintenant le sien, il le lui garantit en établissant un certificat qu’il assure être légal.
– À votre avis, est-ce que ce certificat et la nouvelle esthétique de cette voiture enlève le fait qu’elle soit volée ?
– Quel est, selon vous, la légitimité de ce certificat ?
– Au sujet de cette personne, en prenant en compte le fait qu’elle personnalise l’auto (c’est donc une toute nouvelle voiture à présent), doit on la féliciter pour la customisation ou devrait-on qd mm arrêter cette personne pour vol ?
– Sachant que l’acheteur est au courant de ce vol et qu’il est l’auteur des consignes de customisation. Doit-on considérer l’acheteur comme auteur de la customisation ou complice de vol ?
Ces questions vous semblent idiotes n’est-ce pas, vous pouvez à présent superposer cette histoire avec les IA génératives d’images, de vidéo et d’audio.

Il devient inutile de préciser que je n’utilise aucune IA pour créer mes œuvres. Je suis un artiste digital qui peut revendiquer ses droits d’auteur sur l’intégralité du processus de création de son œuvre.

Aujourd’hui, il nous faut protéger avec force la créativité humaine et la dissocier des générations des IA. De plus, les générations actuelles sont basées sur un pillage mondial de la création humaine, ce qui est inadmissible et condamnable.

L’art est la mémoire universelle, c’est notre métier et notre passion ! Ce sont nos sentiments, nos émotions et nos valeurs qui sont en proie aux circuits froids et insensibles des algorithmes. Battons-nous contre la déshumanisation de la création ! Battons-nous pour que notre art donne du sens à nos vies. Protégeons la créativité humaine !

Logo version anglaise : Human Art, Made by human, art not generated by AI. Art non généré par Intelligence Artificielle. Logo créer par Pierre-Emmanuel Wolga

Intelligence artificielle ou l'outil de l’artiste du prompt

L’artiste du prompt sait parler à la machine. Tout son art réside ici, écrire les meilleurs prompts, les plus détaillés possibles et en partie copiés à d’autres artistes prompteur. Ensuite, s’il s’agit d’un artiste qui a une vision bien nette de ce qu’il veut, ou une vision qui est née de la proposition de l’IA, il pourra créer de ses propres mains une composition avec photoshop ou autres. Cependant, il a besoin de la machine pour créer l’univers, les personnages, les matières, les lumières, bref tout en somme. Il ne fait qu’agencer les éléments avec ses prompts. C’est en fait une formidable occasion pour tous ceux qui ont “la fibre artistique” mais pas le talent nécessaire, ou l’envie de travailler, ou d’apprendre ou que sais-je pour le faire tout seul comme un VRAI ARTISTE.

Différence, propriété et droits d'auteurs

Un photopainter tel que moi, si vous lui enlevez son logiciel, il ne lui reste pas grand-chose pour créer. Le photopainter est lié à son outil. Photoshop par exemple, propose une multitude d’outils qui vont lui permettre de travailler une image qui peut provenir de son APN ou de tous autres moyens d’acquisitions ou bien encore en partant d’une page blanche. Toujours est-il que la base de données de l’artiste est la propriété de l’artiste lui-même ou qu’il en détient les droits d’une manière vérifiable sans aucune ambiguïté. Sinon il risque une lourde peine pour plagiat, contrefaçon, usurpation, vol, etc…

Si vous enlevez l’IA à un artiste prompteur, de la même manière que le photopainter, il ne lui restera pas grand-chose pour créer. Il est, lui aussi, étroitement lié à son outil de travail. La différence est là : l’outil de travail et les sources. Comme nous l’avons vu plus haut, sur Photoshop, l’artiste travaille sa source. Avec les IA, l’artiste prompteur travaille un prompt qu’il soumet à un algorithme pour qu’il travaille avec LA SOURCE DE L’IA. C’est-à-dire, pour qu’il fusionne des dizaines d’œuvres existantes d’artistes non consentants. La plateforme de l’IA garantit les droits d’auteur à l’artiste prompteur, alors que les inventeurs des IA ont paramétré leurs robots pour piller les œuvres d’artistes du monde entier afin de créer leur base de données.

Les droits du prompt artiste ?

Ce que ça pose comme question c’est le sentiment du prompt artiste quand il voit le résultat de “sa commande” inscrite sur le prompt. Se dit ‘il “c’est moi qui ai fait ça” ou “je suis l’auteur de cette œuvre”. Tout comme lui certifie la plateforme qui accueille l’IA générative d’image dans leur condition d’utilisation comme quoi les utilisateurs du prompt possèdent les droits d’auteur des images générées.

« Le droit d’auteur sur les œuvres d’art générées par l’IA n’est pas vraiment le problème. La plupart des plateformes de génération d’images conviennent que les droits de propriété appartiennent à la personne qui saisit les invites. Midjourney, par exemple, indique dans ses conditions d’utilisation que l’utilisateur « est propriétaire de tous les actifs que vous créez avec les services ». De même, Stable Diffusion concède tous les droits de propriété au prompteur.

La principale préoccupation concernant l’art de l’IA est qu’elle vole vraisemblablement les artistes et utilise leurs œuvres pour de nouvelles créations. Sans aucune licence, sans aucun paiement, et sans aucune attribution aux artistes dont l’œuvre a été utilisée. » Angie – ginangiela.com

Je pense que l’artiste prompteur revendique ses droits d’auteurs sur l’œuvre générée et qu’il considère l’IA comme un outil collaboratif à l’interprétation et à la réalisation de ses œuvres de l’esprit. C’est troublant, mais je suis certain que l’humain fait ce genre de raccourci, je l’ai fait moi-même avec une spontanéité retentissante. Comme la machine n’est qu’une machine, les barrières tombent très vite pour s’approprier la réalisation. L’IA ne s’en plaindra pas.

Mais qu’en est il exactement de ces réalisations, de ces générations ? Sinon un conglomérat opaque d’œuvres déjà existantes régi et ajusté par les curseurs du prompt. Cependant, nous pouvons quand même parler d’une nouvelle œuvre, même si elle provient d’un prompt commandant à un algorithme de mélanger des dizaines d’œuvres d’artistes non consentants.

Le flou juridique dans lequel nous baignons est insoutenable et l’AI Act ne résout rien.

– Il faut que les prompts artistes ouvrent les yeux et reconnaissent qu’ils ne possèdent pas les droits d’auteurs sur ce que les IA génèrent.

– Il faut que les inventeurs des IA génératives d’images reconnaissent qu’ils pillent les œuvres de tout le monde sans leur consentement. Ce qui n’arrivera jamais malgré l’AI Act. Il nous faut donc marquer nos œuvres pour prouver qu’ils le font, indiquer dans nos CGV et CGU l’interdiction d’utiliser les œuvres en mentionnant une opposition avec l’opt-out, et leur faire des procès. Alors peut-être que les choses changeront. Le problème est que leur pillage a commencé il y a fort longtemps et qu’a présent la base de données des IA génératives d’images est gigantesque.

Le vrai problème est bien que les IA fabriquent des œuvres à partir d’œuvres d’artistes non consentants. Il s’agit d’un pillage à échelle mondiale et il faut que les artistes prompteurs en prennent la juste mesure et qu’ils se questionnent sur la légitimité de leurs œuvres algorithmique basées sur le vol.

Des œuvres de l'esprit

L’artiste prompteur ne peut, en aucun cas, se dissocier de l’IA. De ce fait il doit impérativement signer son œuvre en mentionnant l’IA qui a généré l’œuvre. Car ce que je regarde n’est pas le prompt mais la génération. Voilà un point indispensable à comprendre : quand je lis un livre, je lis l’auteur, j’ai un accès direct à l’œuvre de l’esprit. Quand je regarde une peinture, je regarde directement l’œuvre d’esprit du peintre. Quand je regarde l’œuvre d’un artiste prompteur, je ne regarde pas ce qu’il écrit, je regarde ce que la machine a proposé, je regarde l’œuvre générée par une IA. L’œuvre d’esprit de l’auteur, s’il y en a une, n’est donc perceptible qu’à travers le prisme de la machine et ne correspondra jamais pleinement à la vision intérieure créative de l’artiste.

Légalité des IA et AI Act

Nous pouvons en conclure que le problème majeur est l’emprunt des œuvres d’artistes sans leur consentement. C’est donc du vol. Puisque cette hypothèse est aujourd’hui plus que plausible mais aussi avouée : le patron d’Open AI Sam Altman avait récemment prétexté qu’il était « impossible » de faire progresser ces outils sans exploiter de contenu couvert par le droit d’auteur. Nous sommes en droit de demander aux créateurs d’IA génératives d’images de nous montrer leurs fameuses sources ainsi que des indemnités et pourquoi pas de vrais contrats à la manière de la Sacem !
Ils ne le font pas, il n’y a toujours aucune transparence à ce sujet. Si vous êtes innocent, vous apportez les preuves immédiatement, non ? Donc ils sont coupables.

L’AI Act validé début février 2024 à Bruxelles, doit encadrer les IA dans la légalité et le respect des droits d’auteurs. Ainsi les propriétaires des IA génératives seront soumis à l’obligation de la transparence et ainsi dévoiler leur sources. Cependant, une mention “secret des affaires” (ou comment rendre ce pillage mondial tout à fait légal) s’est intégrée au texte, il s’agit là d’atténuer cette transparence, voir de la faire disparaître entièrement. Ce texte rentrera en vigueur en 2025.

Je ne souhaite pas la fin des IA, je souhaite que l’activité des IA se fasse dans la légalité et dans le respect des artistes et de leur création. Je souhaite que nous ayons accès à leur base de données, qui dans un “monde normal” est une base de données d’image libre de droit ou donnée à l’usage des IA.
Et pour chaque génération d’image, la liste des images utilisées ainsi que les auteurs de ces images.

Cependant, même si toutes ces questions étaient réglées, la question des droits d’auteurs des artistes prompteurs ne serait pas résolue…

De l'art authentique...

Je n’ai rien contre les nouvelles technologies artistiques. Je suis un artiste qui utilise ces nouvelles technologies, et je suis pour toutes les formes d’expressions tant qu’elles sont authentiques. Nombre d’œuvres générées par les IA m’ont bluffé et apporté un regard, une connaissance artistique. Dans l’absolu, je crois que l’on peut parler d’œuvre authentique. Hélas pour les artistes prompteurs, la participation de la machine est bien trop importante pour être ignorée. Si le résultat final est laissé à l’IA, quelle est la part de l’expression artistique de l’artiste ? Et où se trouve la vision intérieure créative de l’artiste ? Et plus important encore, à quel point est-ce satisfaisant pour l’artiste s’il ne parvient pas à réaliser ce qu’il a en tête ?
Ce qui m’attriste le plus sont les artistes qui se mentent et mentent autour d’eux sans mentionner les IA génératives des œuvres que nous voyons.
D’un point de vue de l’évolution technologique, ce qu’il se passe est inéluctable. Mais soyons clairs avec nos méthodes et honnêtes avec le monde qui nous entoure et plus encore avec nous-même.
Pour vous, pour nous, pour l’art.

Mes logos "Human Art" libres de droits

J’ai créé ces logos pour affirmer l’importance de reconnaître l’art créée sans l’intervention des IA génératives d’images.
Il devient urgent, aujourd’hui, que l’on protège l’art humain. Il nous faut dissocier l’art humain et les générations de la machine qui sont réalisées grâce au vol et au pillage des œuvres humaines du monde entier. Il nous faut lutter contre la déshumanisation de la création ! Protégeons la créativité humaine.
Amis artistes, ces logos sont pour vous ! Ils sont libres de droits, vous pouvez les utiliser. Un lien vers mon site sera toujours le bienvenu 😉

Je ne prétends pas être dans la vérité absolue, c’est ici mon point de vue. Je serais heureux de pouvoir en débattre avec vous, alors pas d’hésitation ! laissez moi un message et parlons en ! À bientôt

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